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[lectures] Recueil De Nouvelles

Discussion in 'French' started by Soledon, Jun 14, 2014.

  1. Alric Soledon Cipher

    Bonjour à tous et à toutes,

    N'ayant pas encore vu de topics où poster d'éventuels écrits, hors topics RP, et voulant quand même donner une chance aux auteurs amateurs de s'exprimer, je me permet d'en créer un. Bien sûr, la limite de caractères (10K) impose des textes en plusieurs parties

    Je me propose d'ouvrir le bal afin d'en inciter d'autres à se lancer et que vous n'ayez pas complètement perdu votre temps. Enjoy !
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  2. Alric Soledon Cipher

    De foi et de flammes

    Les canons donnèrent de la voix, tentant tant bien que mal de repousser les innombrables vaisseaux des assaillants. La clameur des batteries restait tristement absente, contraste parfait avec le concert d'explosions qui parsemaient le vide sidéral. Les munitions en vinrent rapidement à manquer alors que les ressources de l'ennemi ne semblaient jamais diminuer, envoyant ses troupes sans discontinuer. La digue formée par les tirs du vaisseau tint encore quelques longues minutes mais céda devant le flot. Comme les capsules d'abordage s'incrustaient dans son flanc, la frégate d'assaut Glory in Death trembla dans sa totalité, comme un frisson parcourant l'échine d'un monstre d'acier. Les alarmes se mirent à retentir, couvrant les ordres lancés ça et là par les capitaines d'équipage.

    Esmond finit d'enfiler son gilet pare-balles, détacha son fusil du râtelier et sortit en trombe du poste de garde. Un chaos régnait en maitre, tous se dépêchaient pour remplir les tâches qu'ils leurs avaient étés allouées, sachant pertinemment que la moindre de leurs erreurs permettrait à l'ennemi de prendre le vaisseau et entrainerait irrémédiablement leur mort. Malgré la précipitation apparente, les défenses s'organisèrent parfaitement et avec la précision si caractéristique aux Cadiens. Des escouades entières de gardes se placèrent en embuscade dans les couloirs, toutes armes pointées vers les sas. Esmond été préposé au hangar et les autres devaient sûrement déjà y être. Il devait faire vite! Il se mit à courir, s'orientant sans peine dans les couloirs du Glory. Il passa devant la passerelle de commandement, un court instant, il imagina l'amiral Oros, droit face au vide, tournant le dos à ses officiers de bord et à la foule de serviteurs qui exécutaient ses ordres avec de nombreux cliquetis métalliques, défiant d'un regard fier et bouillant de haine les idiots qui avaient osés poser les yeux sur sa frégate, sur son bijou. Il ne s'attarda pas, il avait trop à faire pour se laisser distraire. Il arriva dans le hangar, fût étonné du calme qu'il y régnait. Des groupes de soldats étaient dispersés dans tout le hangar, soutenus par des serviteurs de combat, machines semi-humaines au torse de bronze et aux bras terminés par bolters rugissants.

    - Romily ! Traine ta foutue carcasse pourrissante jusqu'ici! Le héla une voix.

    Le Garde tourna la tête, aperçu son groupe au milieu d'un enchevêtrement de conteneurs. Il s'y dirigea en toute hâte, se faufilant dans la baie qui demeurait silencieuse. Du coin de l'œil, légèrement surélevé, il aperçut un trépied sur lequel reposait un bolter lourd, l'un des servants lui fit un signe de la main, Esmond en fit de même avant de se planter devant son sergent et de le saluer distraitement. Le sergent Den le considéra un instant avant de marmonner quelque chose d'intelligible.

    - Quoi ? demanda le Garde

    - Je disais que vous étiez toujours le premier à rêvasser et toujours le dernier à partir au combat, lança l'officier.

    Esmond se mordit la langue. << Ne dit rien, excuse toi, ne t'attire pas d'ennui, il n'attend que ça pour te démolir, ferme la ! >> pensa-t-il, mais il s'était déjà écrasé tant de fois devant lui, finalement il se laissa aller:

    - Mais je vous emmerde ! cria-t-il.

    Le sergent le foudroya du regard, ce misérable petit soldat, cette merde, venait de l'éclabousser, de remettre son autorité en cause devant ses propres hommes. Il pointa un doigt assassin vers le torse du garde et ouvrit la bouche, il s'apprêtait à parler quand une voix féminine l'interrompit:

    - Impact dans trente secondes, annoncèrent les sirènes.

    Esmond se tourna vers ses compagnons, une question le tourmentait:

    - Des hommes et des serviteurs, c'est tout ce qu'on a?

    - Nan, on leurs a préparer quelques petites surprises, laissa planer un de ses compagnons.

    - Ah... répondit-il, vaguement convaincu de l'efficacité de leurs défenses.

    Il se mit à couvert aux côtés de son groupe, l'escouade Sierra avait fait l'honneur du régiment et ce n'était pas aujourd'hui que ça changerait !

    - Impact imminent, dit la voix de femme sur un ton neutre et monotone.

    Esmond jura entre ses dents et épaula son fusil, les mains tremblant légèrement. Dans tout le hangar, les autres gardes en firent de même. Dès que la voix s'était éteinte, ils s'étaient attendu a l'apparition immédiate de l'ennemi. Mais il n'y avait rien. Aucune menace n'approcha du vaisseau. Petit à petit, tous ou presque se détendirent et abaissèrent leurs fusil. En un éclair, l'avant de la baie vola en éclat. Une onde de choc parcourut le hangar, envoyant voler les portes anti-explosions, faisant vaciller ses occupants comme des feuilles poussées par le souffle d'un vent froid. La capsule d'abordage parcourut encore quelques mètres, creusant un sillon dans le sol, avant de s'arrêter. Les rivets explosèrent, lâchant la porte qui percuta le sol dans un fracas métallique.

    Rapidement, les canons furent pointés vers la nacelle, d'où s'échappa un rire mesquin. Un écran de fumée camoufla l'entrée de la capsule et bloqua le champ de vision des gardes. Le rire se tût aussi subitement qu'il était apparut, semblant aussi insaisissable que la fumée. Les minutes s'écoulèrent, toujours sans aucun bruit, personne n'osant rompre cet éternel instant. Esmond déglutit, avalant une salive acide qui coula difficilement dans sa gorge. La Mort planait au dessus d'eux, apportant avec elle un sentiment diffus de terreur. Puis un cri résonna dans la baie d'arrimage, bestial, emprunt d'une haine millénaire. Alors que le cri commençait à perdre en force, la capsule libéra ses occupants...

    - Pour l'Imperium de l'Humanité ! S’époumona le sergent Den en faisant aboyer son fusil à pompe.

    Le linceul de terreur disparut devant cette harangue, qui gonfla irrémédiablement le cœur de tous les soldats présents. Les canons tirèrent à l'unisson et avec une précision redoutable, laissant les corps des hérétiques béants de trous. Ils ne posèrent même pas un pied dans la baie, les cadavres s'entassant devant la capsule.

    Esmond regarda les autres membres de l'escouade, ils étaient calmes, posés, comme si cette attaque n'avait jamais eu lieu. Pourtant, il voyait bien que le jeu des apparences commençait à perdre petit a petit de son importance. Un très court instant, le visage du sergent Den s'affaissa. Son regard croisa celui d'Esmond, qui descella au fond des yeux de son supérieur un éclair de doute. Si même Den Arytiens, le héro de Trandus Prime, l'héroïque Garde dont on contait l'histoire dans plusieurs régiments, doutait de leurs chances de survie, alors c'était mauvais. Très mauvais...

    - Surveille le hangar plutôt que de me reluquer, pisse de Warp! lui hurla-t-il.

    Le garde se replongea dans sa surveillance, insultant pour lui-même l'officier, remettant en cause les origines de sa naissance et la pureté de celle qui l'avait enfanté. Dans d'effroyables tremblements qui ébranlèrent le vaisseau tout entier, plusieurs capsules s'écrasèrent en même temps dans le hangar. Le manège recommença, cette fois amplifié par le nombre important de torpilles. Les portes s'ouvrirent en même temps, la fumée se déploya, des rires puis des cris. Cette fois, l'Enfer lui-même se déversa dans la baie.

    -Tirez pour tuer ! Tuez sans pitié! Hurla le sergent.

    Les hérétiques sortirent en masse, hurlant et brandissant haches et gourdins de fortune, parfois un fusil ou un pistolet. Un laser claqua, engageant le début des hostilités. Le premier adorateur s'effondra, le crâne percé d'un trou fumant. Le reste des Gardes firent feu, envoyant s'écraser une vague de fusion contre la digue formée par les ennemis de l'Empereur. Esmond grogna, son épaule commençait à le faire souffrir, le recul de son fusil devenait de plus en plus important à mesure que la fatigue le gagnait. Malgré le feu nourri, les loyalistes commençaient à perdre du terrain au profit du Chaos. Rangée après rangée, des dizaines, des centaines d'adorateurs avancèrent en direction de la résistance, les tirs perdant toujours plus en intensité.

    Den regarda les hérétiques et abaissa son fusil, sa main se porta à sa ceinture d'où il retira un petit objet. Son visage brulé rendait plus infâme encore le rictus sauvage qui déchirait son visage, avec une lenteur autant exagérée que délibérée, il pressa le déclencheur. Les charges explosèrent au milieu de la marée humaine, dispersant du sang et des membres arrachés dans tout le hangar. Le bruit de l'explosion se répercuta dans toute la frégate, comme une rumeur insidieuse. Les tirs avaient donné naissance à une odeur de sang et d'acier mêlés qui gonfla l’air, faisant soulevant le cœur des âmes les plus fragiles.
    Dans une des capsules, deux fentes rouges comme des charbons ardent se mirent à briller, juste avant de cracher un flot ardent en direction de la baie. Le démon sortit de la nacelle, révélant au monde sa beauté maléfique. Il était grand! Trop grand! Une terrible armure le recouvrait parfaitement: d'un rouge sombre luisant à la lueur des flammes, ornée de crânes et de piques au niveau des épaules et des genouillères, façonnée à la perfection pour ses lourdes épaules, à la fois cape et armure, écrin d'un dieu parmi les hommes, dégageant une odeur de charniers. Un lance-flamme lourd brillait dans ses mains, crachant d'immondes torrents de magma dans un léger crépitement. La tourelle donna de la voix, entamant un macabre quantique. Les projectiles s'écrasèrent sur les plaques d’adamentium sans grand effet, l'Astartes renégat rit de dérision et répliqua en lâchant distraitement une langue de feu.
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  3. Alric Soledon Cipher

    Dans une des capsules, deux fentes rouges comme des charbons ardent se mirent à briller, juste avant de cracher un flot ardent en direction de la baie. Le démon sortit de la nacelle, révélant au monde sa beauté maléfique. Il était grand! Trop grand! Une terrible armure le recouvrait parfaitement: d'un rouge sombre luisant à la lueur des flammes, ornée de crânes et de piques au niveau des épaules et des genouillères, façonnée à la perfection pour ses lourdes épaules, à la fois cape et armure, écrin d'un dieu parmi les hommes, dégageant une odeur de charniers. Un lance-flamme lourd brillait dans ses mains, crachant d'immondes torrents de magma dans un léger crépitement. La tourelle donna de la voix, entamant un macabre quantique. Les projectiles s'écrasèrent sur les plaques d’adamentium sans grand effet, l'Astartes renégat rit de dérision et répliqua en lâchant distraitement une langue de feu.
    Les opposants s'affrontaient à couvert, les personnes assez courageuses ou assez stupides pour lever la tête se faisaient abattre sur le champ. Tous se cachaient sauf le Space Marine qui avançait en méprisant la faible résistance que les loyalistes lui opposaient, détruisant la baie méthodiquement, délogeant les poches de résistances à grand renforts de brasiers, carbonisant aussi bien Gardes qu'adorateurs. Un jet de flammes roula dans l'air dans un grondement de tonnerre, passant deux centimètres au dessus de la tête d'Esmond qui soupira et passa une main dans ses cheveux, arrachant sans s'en rendre compte quelques cheveux roussis et des lambeaux de peau morte.

    - Putain! La caisse aurait était moins large et j'aurais finit en rôtit!

    - Tu vois que l'Empereur ne nous a pas abandonné! Lâcha Ulriq, qu'il connaissait depuis son enfance et qui, par son naturel joyeux, était devenu son meilleur ami.

    - La vie est un long fleuve tranquille... dit-il ironiquement

    - Alors ta gueule et rame! Lui cracha son officier en tournant la tête dans sa direction.

    Le corps à corps s'engagea entre les deux camps. Ou plutôt, les adorateurs tuaient tout le monde. D'un tir de son fusil à pompe, le sergent Den arracha la moitié de visage d'un hérétique, son sourire cruel toujours plaqué sur son visage. Un serviteur se retourna, ses optiques analysant la situation à toute vitesse. Il braqua un pistolet bolter, pendant au bout d'un de ses moignons, vers un adorateur et lâcha un unique tir. Esmond resta admiratif devant l'arme. Oh bien sûr, le fusil standard de la Garde était probablement tout aussi meurtrier... Une simple pression de l'index et l'ennemi était arrosé d'une rafale meurtrière, quand la gâchette du bolter ne libérait qu'un seul projectile. Mais quel projectile ! L'arme tressautait dans la main du serviteur, le recul la ramenant en haut et en arrière à chaque tir. Le son lui-même, le chant de l'arme, était beaucoup plus jouissif, plus... intime... que le bruit métallique assez quelconque du fusil. Et le mouvement... le mouvement des corps... Frappés par une rafale de lasers, les ennemis s'écroulaient, dansant une gigue grotesque. Tandis qu'un bolt, pour peu que le serviteur vise juste, semblait les figer en plein mouvement, les cueillir au ralenti. Ils s'arrêtaient, brusquement, puis, comme si une main invisible dégonflait un ballon de baudruche, repartaient en arrière, propulsés par la puissance du tir qui creusait de gros sillons dans les corps, arrachant des membres.

    Esmond se retourna vers un ennemi qui le guettait, le fusil en arrêt. Il lui sauta dessus et lui porta un terrible coup de baïonnette qui lui décolla presque la tête et qui le fit tomber à la renverse. C'est alors qu'il constata... L'adorateur était déjà mort depuis le début et il avait le ventre ouvert par des tirs. Il s'était vidé... Jamais de sa vie un homme ne lui avait fait aussi peur ! Un chuintement lui fit lever la tête. Un quart de seconde trop tard... La roquette percuta Ulriq qui disparut dans une tempête de métal en fusion et de shrapnels, envoyant Esmond rouler à une dizaine de mètres, indemne, sonné, à moitié sourd, et littéralement recouvert des restes de son meilleur ami.

    - Ulriq... murmura-t-il d'une voix presque éteinte avant de sombrer dans l'inconscience.
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  4. Alric Soledon Cipher

    La musique funeste ne se jouait plus... Les râles d'agonie des hommes mourant, le rugissement meurtrier des cannons, le fracas métallique des lames qui s'entrechoquent et le claquement sec du fusil qui tire formaient un requiem, un sombre requiem joué pour la Mort. Esmond avais écouté ce chant, il avait lui-même donner de la voix dans cette symphonie guerrière. Une symphonie si particulière à laquelle j'avais fini par s'habituer. Mais maintenant? Rien... Rien d'autre qu'un lourd silence... Rien que l'oubli et les abîmes...

    Esmond ouvrit les yeux. Ce fut son odorat qui revint le premier, l’atmosphère était emplie d’une puanteur lourde, mélange de feu, de sang et de viande brulée. Il se releva, tremblant comme une feuille, il vacilla sur ses jambes, étouffant un haut-le-cœur. Le Garde regarda un instant le carnage, contemplant avec des yeux ébahis les centaines de cadavres jonchant le sol, de faibles cris s'échappaient de certains corps, agonissant parmi leurs amis. Esmond tomba à genoux et vomit, les larmes aux yeux. Lentement, il se releva, la bouche pâteuse, les jambes flageolantes, il se mit à errer entre les cadavres, sans but précis, seulement pour graver dans sa mémoire le visage de tous ces hommes, morts pour un suzerain ingrat. Il ne croyait plus, sa foi avait disparue pour laisser la place à la rancœur et au doute. Un doute grandissant de seconde en seconde... Son regard, autrefois condescendant, avait laissé la place à un regard dur, froid, calculateur. Exactement comme celui de... Den. Il voyait le monde différemment maintenant... Il lui vouait haine et mépris... La guerre lui avait tout pris, et le sacrifice de tant d'hommes valeureux, d’Ulriq, resterait à jamais dans l'ombre... Un pistolet bolter gisait à ses pieds, encore accroché au moignon d'un serviteur coupé en deux, de nombreuses étincelles grésillant de son poitrail déchiqueté par les tirs. Le Garde prit l'arme et vérifia les munitions: quatre bolts. Il soupira, résigné à mourir. Il tourna le dos au hangar et s'enfonça dans les coursives du vaisseau...

    Les lumières du vaisseau étaient hésitantes et Esmond progressait à pas mesurés, vérifiant précautionneusement chaque angle. Puis dans un dernier soupir les lumières s'éteignirent complètement, plongeant le Glory in Death dans l'obscurité. Le loyaliste hésita, les couloirs familiers du vaisseau qu'il avait déjà arpentés bon nombre de fois auparavant lui semblaient maintenant incertains et imprévisibles. Il avança encore, ne croissant que les ténèbres. Au détour d'un passage, son pied buta sur quelque chose, il sursauta et bondit en arrière, braquant son arme sur la chose. Il écarquilla les yeux, reconnaissant le cadavre brillant à la faible lueur de sa lampe torche. C'était l'amiral Oros, reconnaissable à sa tenue brodée, finement pelliculée d'or. Des plaies pullulaient sur un cadavre où la tête manquait, sa tenue toujours impeccable en lambeaux. La vue du cadavre l'attrista et il murmura quelques mots pour rendre hommage à ce vaillant homme avant de continuer sa route.

    Au bout d'une demi heure d'errance, sa lampe torche s'éteignit. Comme pour souligner sa malchance, un rire gras s'éleva et résonna dans tout le vaisseau, la ligne externe du comm-vox activé et amplifié à la limite du supportable. Les occupants du vaisseau frissonnaient encore tandis que le rire retournait dans les ombres qui l'avaient vu naitre. Des bruits de pas tirèrent Esmond de ses pensées, on venait vers lui! Il se cacha dans un angle et pointa le canon de son pistolet en direction de l’écho. Des pinceaux de lumières déchirèrent les ténèbres, fouillant chaque recoin du vaisseau, dessinant des ombres toujours plus menaçantes. Le loyaliste retint son souffle, se préparant à vendre chèrement sa peau. La première ombre se dessina et Esmond lâcha un unique tir. Le bolt frôla la tête de l'homme qui leva son fusil et répliqua, les autres ombres derrière lui en faisant de même.

    - Crevures d'hérétiques! grogna Esmond en roulant sur le côté, esquivant les tirs. Il se réceptionna à genoux, visa une nouvelle fois. Son doigt titilla la gâchette, il s'apprêtait à lâcher un autre projectile quand une voix se fit entendre:

    - Romily ! Par le sang de l'Empereur qu'est ce que tu fous ?! Baissez vos armes les gars, cette raclure est avec nous.

    << Den... Alors comme ça il a survécu? Quoique ce n’est pas étonnant, cette charogne s'accroche à la vie comme un inquisiteur à son lance-flamme >> pensa Esmond

    Un instant, il étudia le groupe: quatre hommes, dont Den. Armés de fusils. Ils n'iraient pas bien loin, et ils semblaient le savoir.

    D'un signe de tête, Esmond désigna le groupe:

    - C'est tout ce qui reste ?

    - Nan, c'est les éclaireurs, on en à laisser quatre autres au réfectoire, on s'y est installés... Répondit l'officier

    - Et le Space Marine ?

    Den baissa la tête, semblant se passionner pour ses bottes:

    - Il erre toujours dans le vaisseau... Nous nous efforçons de ne pas le croiser. Mais assez blablater ! Allez mes danseuses, on repart ! Lança-t-il en se tournant vers le reste du groupe.

    Le réfectoire n'était pas ce qu'Esmond imaginait. Il s'attendait à tout mais sûrement pas à une salle baignant dans une douce lumière qui contrastait singulièrement avec les cadavres jonchant le sol et les marques de sang sur les murs. Les tables autrefois ordonnées étaient maintenant renversées sur le côté, de façon à servir d'abris de fortune en cas d'attaque. A côté d'un tas de gravats, des chargeurs pour fusils, des gilets pare-balles et des casques avaient étaient entassés. Adossé au mur, Esmond tentait de trouver le sommeil, il ne prendrait son tour de garde que dans deux heures. Mais le sommeil se refusait à lui. Le Garde regarda à gauche, y vit le sergent Den en train de nettoyer son fusil, son précieux fusil. Il s'appelait Mordax Lei, la Morsure du Lion. C'était une belle arme, il fallait l'avouer. Sa crosse nacrée se fondait dans la main, sur son long fuselage, droit et fier, était peint l'aquila impérial ainsi que les inscriptions " In Glorious Nomine Imperator ". Son canon avait la forme d'un lion à la gueule ouverte, rugissant tel l'animal lorsqu'on pressait la détente. Il se perdait dans sa contemplation lorsqu'il remarqua que le sergent le regardait, mais cette fois, son regard n'avait rien de froid.

    - J'ai assez vécu, vois-tu Romily... Je suis fatigué de vivre et de trainer avec moi le poids de mes pêchés. Je n’attends qu'une chose: que l'Empereur me rappelle auprès de lui, dit-il la voix pleine de mélancolie, cette arme a bien servie l'Empereur, comme elle m'a bien servie... Mais lorsque je mourrai, je voudrai que ce soit toi qui en hérite...

    - Arrêtez ça tout de suite, ça ne vous va pas...

    Une voix parcourut le vaisseau, mettant un terme à leur échange. Esmond cru que quelqu'un lui murmurait à l'oreille, mais ce n'était qu'une impression, tous dans la salle entendaient les mêmes choses que lui:

    - Je sens votre peur... Je sens votre terreur... Je m'en délecte...

    Esmond plaqua ses mains contre ses oreilles et hurla pour ne plus entendre, mais la voix continuait toujours:

    -Vous qui vous cachez, cherchant la clémence des ombres... Je viens vous trouvez... Et tout ne sera que terreur..., murmurait-elle, presque douce. L’Astartes hurla comme un possédé. Son comm-vox toujours poussé au maximum.


    Den se ressaisit le premier et hurla ses ordres, luttant contre la peur qui grandissait en lui. Les neufs loyalistes se mirent à couvert, gardant la porte du réfectoire dans leur ligne de mire. Ils étaient en place, plus qu'à attendre...

    Ce ne fût pas long, le bruit des lourdes bottes résonna non loin, s'éloignant toujours un peu plus pour finir par disparaître. La dernière lumière du réfectoire s'éteignit, plongeant le groupe dans les ténèbres.

    - Quelqu'un à une lampe torche? Demanda un Garde.

    - Nous n'en avons pas besoin, la lumière de l'Empereur nous guidera ! Répondit sérieusement un autre.

    - Moi j'en ai une! Lança un autre en braquant le faisceau lumineux vers la porte.

    - Tu me les casses avec ton manque de foi, tu l'sais ça?

    Tous rirent de cet échange, mais d'un rire nerveux, un de ces rires que l'on a quand on est à bout de nerfs.

    Dans l'entrebâillement de la porte, Esmond aperçut les yeux de braises du démon, il hoqueta de terreur, il était là ! Il attendait ! Le Garde cligna des yeux, il n'y avait plus rien. Avait-il rêvé ? Était-il devenu fou ? Si seulement ça avait était le cas... Un crépitement gonfla l'air, au début inaudible pour après gagner en puissance.

    - A TERRE! Hurla un Garde.
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  5. Alric Soledon Cipher

    Le crépitement enfla encore un peu avant que la langue de flammes ne parte. Les doubles portes du réfectoire s'ouvrirent pour laisser place à un déluge de feu qui oblitéra la pièce. Le jet ardent passa au dessus des loyalistes couchés au sol, le seul Garde à être resté debout, trop lent à réagir, fut illuminé par la tempête de flammes avant de tomber au sol, calciné. Puis le démon entra dans la pièce, une épée tronçonneuse grande comme un homme dans une main, un pistolet bolter dans l'autre. Il bondit vers un loyaliste, ignorant les tirs qui pleuvaient sur lui, son genou percuta la mâchoire qui se brisa dans un craquement écœurant, projetant l'homme au sol. Le renégat inversa sa prise sur son épée rugissante et empala le Garde. Il retira son épée du cadavre et se redressa lentement. Il tourna la tête en direction des autres survivants et rit. Un rire de dément, presque sans joie, trahissant la folie de son esprit. D'un mouvement ample du bras, il coupa deux autres soldats en deux, le rugissement de son épée se faisant plus aigu comme elle fendait chaires et os. Un des gardes, se redressa de derrière une table et tira sans prendre le temps de viser. L'ancien ange de l'Empereur leva son arme, et indifférent aux tirs, lâcha un seul et unique coup, précis et mortel. Le bolt arracha le crâne du Garde qui s'effondra en arrière dans un bruit sourd, renversant des chaises dans sa chute.

    Den se déplaça sur le côté, visa l'Astartes et fit aboyer son fusil à pompe. La grêle de balles percuta l'armure sans lui causer de dégâts apparents. Pendant ce temps, un autre homme avait contourné le Space Marine corrompu, il épaulait son fusil quand le géant se retourna, aussi vif qu'un serpent. Il laissa tomber son pistolet et saisit le Garde par le cou avant de lui broyer la trachée d'une pression sec, puis jeta négligemment le corps sur le côté. Le sergent respira un grand coup et chargea le Space Marine. Alors que les deux se faisaient face, le temps ne semblait plus avoir cour. Le Garde déchargea à bout touchant un nuage de plomb dans le torse du Marine, qui asséna son épée. L'officier esquiva d'une torsion du buste et tira une nouvelle fois. L'Astartes amorça un coup d'escroc mais se stoppa en plein milieu de son mouvement pour envoyer son poing ganté d'adamentium s'écraser contre le visage du sergent. Den fut projeté en arrière, une table céda sous son poids, et il s'écrasa au sol, s’échappant de ses mains pour glisser au sol. Dans le fond de la pièce, Esmond fit feu en direction de la tête du Space Marine qui tapa de toutes ses forces sur l'un des bords d'une table. Celle-ci se souleva juste avant que le bolt ne la pulvérise. Le renégat se ré-intéressa au loyaliste plaqué au sol qui, du bout des doigts, tentait d'atteindre son fusil. Il plaça sa lame sous sa gorge et d'un mouvement circulaire, lui trancha la tête, qu’il envoya rouler vers les survivants. Et il riait... Et il riait...

    Plus vite que les yeux ne purent suivre, le Space Marine se retrouva derrière l'avant-dernier Garde. Il plaqua une main de fer contre la bouche du soldat, et plaça son arme sur le cou du loyaliste, les dents de l’arme piquant la chaire. Il lui murmura quelques mots à l'oreille, et les yeux de l'homme s'écarquillèrent juste avant que la lame ne lui tranche la gorge, assez profondément pour le faire souffrir mais pas assez pour le tuer. L’Astartes lâcha le Garde qui s'affala sur le sol en hoquetant, saigné comme un vulgaire animal, son sang se déversant sur les carreaux autrefois blanc du réfectoire. S'en fût trop pour Esmond qui tira son avant-dernier bolt en direction de l'Astartes. Coup de chance ou précision infernale, son tir fit mouche. La balle percuta le torse du renégat qui recula, grognant de douleur. Le Garde allait tirer de nouveau quand, partant de l'entrée de la pièce, des lasers le clouèrent au mur. Il lâcha son arme et glissa au sol, souillant le mur d'une longue tâche brune. Il finit assis contre le mur, crachant du sang et regardant le Space Marine s'approcher lentement. Il ne riait plus... Esmond tendait le bras vers son arme quand l'épée tronçonneuse s'enfonça dans son épaule, son moteur rugissant comme les forges de Mars. Le Marine du Chaos approchait son visage de celui d'Esmond tout en tournant l’épée dans la plaie, des volutes de vapeur s'échappant de ses respirateurs.

    Un instant, il faillit vomir, la rune du crâne tracée sur le heaume et le regard infernal du Space Marine lui donnaient la nausée. L’une des lentilles, ébréchée et fendue, laissait au Garde le privilège d’admirer la prunelle de l’Astartes, ronde et rougie par le sang, ne renvoyant que l’écho d’immenses brasiers. Mais cette vision était occultée par le terrible faciès du heaume, qui paralysait Esmond de terreur. Le renégat le regardait dans les yeux, sans émotion, son casque n’exprimant qu’une haine brûlante et viscérale. Pourtant, il semblait chercher quelque chose dans les tréfonds de l’âme du loyaliste. D'une voix grave, rendue métallique par le comm-vox, il l’interrogea:

    - As-tu peur de la mort? demanda-t-il avidement.

    - Ave Imperator ! Cracha Esmond par réflexe.

    Le Space Marine approcha son visage de celui d’Esmond, et chuchota au creux de son oreille un millier horreurs sans noms. Les mots rendirent Esmond fou, il n’en pouvait plus, son esprit lui ordonnait de hurler, de supplier ce démon d’arrêter. Les seuls mots qui franchirent ses lèvres furent :

    - Ave Imperator… dit-il comme hypnotisé. Ces mots, il les prononça d’une voix morte, c’était le plus que son esprit brisé pouvait fournir.

    - Adeo mori servus Imperator Fictus... dit l'Astartes comme une confidence en retirant son épée de l'épaule du Garde.

    Il envoya une volute de vapeur dans le visage du Garde et tellement bas pour que seuls eux-deux puissent l’entendre, il dit quelques mots qui scellèrent le destin d'Esmond Romily...


    Au loin, bravant la tempête, deux hommes marchaient face aux rafales de vent, s'éloignant toujours plus du Glory in Death. Esmond se retourna et regarda un instant les vestiges de son ancienne vie. De la frégate il ne restait qu’une épave, une bête agonisante, le côté ouvert sur ses entrailles de métal. Une bête que le blizzard enterrait peu à peu sous la neige. Il toucha la crosse du Mordax Lei et sourit. Esmond Romily était mort, un homme nouveau était né, et il ne vivait que pour servir son nouveau maître...
  6. crowe-leretour crowe-leretour Arkhona Vanguard

    très agréable à lire. Continue
  7. 'Pavay' (voir ma présentation pour ceux qui ne sont pas au courant :p)
  8. Henribar Henribar First Blood!

    Impressionnant Borlant, ça se voit tu as des talents pour l'écriture.
  9. Alric Soledon Cipher

    Merci, ça fait plaisir.

    Aller, me dites pas que sur tout les francophones qui passent dans le coin, aucun d'entre eux n'écrit ?
  10. Akennøv AkennovSvn Arkhona Vanguard

    Si mais très peu, et pas le temps pour ça en ce moment. J'essaierai de lire tes postes plus tard mais mon background est fait pour du medieval fantastic (wow) donc non adapté pour ce fofo ^^

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